Ce que l’avenir nous réserve

Dans le calendrier zodiaque chinois, 2015 est l’année du Mouton. Certains disent que ce signe porte malheur, non seulement dans les affaires personnelles comme le mariage ou les naissances, mais aussi pour l’économie. À quoi peuvent donc s’attendre les hommes d’affaire et les investisseurs chinois et africains pour 2015 ?

Une croissance toujours modérée – Ayant connu une croissance à deux chiffres pendant presque trois décennies, le gouvernement chinois recherche désormais une croissance « modérée » de 7,5 %, et veut ajuster les structures économiques en mettant l’accent sur la consommation intérieure. L’année 2015 verra un taux de croissance toujours en baisse, avec moins d’investissements dans les immobilisations et un contrôle plus strict des dépenses de l’État.

Une prédominance de plus en plus marquée de la Zone de libre-échange (FTZ) de Shanghai – La FTZ de Shanghai constitue l’une des réformes économiques chinoises les plus ambitieuses. Elle va plus loin que les Zones économiques spéciales en mettant en place des politiques et des régulations plus libérales, une plus grande liberté pour les entreprises étrangères basées en Chine, et en ouvrant des secteurs auparavant fermés à l’investissement étranger.

La campagne anti-corruption se poursuit – La campagne contre les « mouches » (les fonctionnaires de bas rang) et les « tigres » (les fonctionnaires haut placés) doit se poursuivre en 2015, le gouvernement estimant que la corruption à tous les niveaux est une menace majeure pour la stabilité du Parti et de la société. Les entreprises étrangères et locales doivent être conscientes que l’environnement commercial chinois évolue.

L’attention toujours tournée vers l’Afrique – En 2015 se tiendra la 6eConférence ministérielle du FOCAC en Afrique du Sud. Cette conférence entre la Chine et l’Afrique sera l’occasion de passer en revue les engagements politiques, économiques et sociaux passés lors du FOCAC de 2012 à Beijing. La Chine a toujours surpassé ses engagements lors des précédentes conférences. En 2012, la Chine avait annoncé l’allocation d’un crédit de 20 milliards de dollars à l’Afrique : il serait bien possible qu’elle ait encore une fois surpassé son engagement.

L’État de droit – L’une des conséquences principales de la 4e session plénière du 18e Comité Central du PCC a été l’accent mis sur l’État de droit. L’année 2015 verra la réalisation des engagements pris lors de cette session plénière. En parallèle de la campagne anti-corruption, l’accent porté sur la loi et l’État de droit changera la manière dont s’effectuent les transactions commerciales en Chine et modifiera l’ensemble du paysage socio-économique chinois.

Consolidation des entreprises chinoises, en particulier dans le secteur minier – Tandis que la Chine poursuit ses réformes économiques et devient une puissance économique majeure, le gouvernement a mis au point plusieurs politiques concrètes pour faire face à la trop grande fragmentation de certains secteurs, qui a pour conséquence un manque d’efficacité et l’exacerbation des problèmes environnementaux. Des dizaines de milliers d’entreprises d’extraction de charbon seront regroupées en une vingtaine de grandes entreprises. L’année 2015 verra donc des petites sociétés fermer ou être rachetées par leurs concurrentes de plus grande taille. Ces petites sociétés étant poussées hors du marché intérieur, les entreprises étrangères devraient prendre l’initiative d’engager avec elles des projets tournés vers l’international.

Croissance du secteur bancaire privé – Le secteur banquier chinois a longtemps été dominé par des banques d’État. Cependant, avec l’ouverture du secteur financier, des entreprises comme Tencent ont commencé à offrir des services auparavant réservés aux banques publiques. Tandis que le gouvernement continue à limiter le « système bancaire de l’ombre », les acteurs privés, y compris les systèmes de prêts entre particuliers, s’installent de plus en plus dans les niches du secteur. Mais les banques d’État ne se rendront pas sans combattre.

La Chine, catalyseur de l’économie mondiale – La Chine est déjà la première économie mondiale à parité de pouvoir d’achat, et sera probablement bientôt en position de revendiquer la place de première économie en termes nominaux. Outre la Nouvelle Route de la Soie, les projets de ligne ferroviaire liant Beijing à l’Europe, et le lancement de la Banque asiatique d’investissement pour les infrastructures, la Chine continuera à s’affirmer dans le paysage économique international.

Une coopération énergétique croissante entre la Chine et les États-Unis – Un proverbe africain dit : quand deux éléphants se battent, c’est l’herbe qui souffre. Mais les deux géants en question, la Chine et les États-Unis, semblent de plus en plus disposés à coopérer sur le sol africain, du moins en ce qui concerne l’énergie renouvelable. Une importante discussion a eu lieu à ce propos lors du récent sommet de l’APEC à Beijing, au cours duquel les États-Unis ont proposé de travailler conjointement sur l’amélioration de la capacité électrique en Afrique. Même si la Chine continuera à prendre en charge la majorité des projets, en particulier dans le secteur énergétique, la collaboration avec les États-Unis s’intensifiera certainement sur les projets d’énergie renouvelable en Afrique.

Plus de fusions-acquisitions (M&A) – Les entreprises chinoises, et en particulier les sociétés de capital-investissement et les sociétés cotées, ont été marquées par une augmentation des M&As à l’étranger en 2014, une tendance qui devrait se poursuivre en 2015. Le principal secteur visé par les M&As reste celui des ressources naturelles qui alimentent l’économie chinoise, ainsi que des technologies de pointe auxquelles les entreprises chinoises cherchent à accéder.

Alors que nous entrerons bientôt dans l’Année du Mouton, les entreprises africaines cherchant à établir des liens commerciaux avec la Chine devraient prendre en compte tous ces changements et ajuster en conséquence leur stratégie vis-à-vis de la Chine.

Cet article est apparu dans la magazine Chinafrique disponible ici Ce que l’Avenir Nous Réserve

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